Cognac, sous-préfecture de la Charente, ville d'art et d'histoire

Le nom de Cognac est renommé dans le Monde entier, il est associé à la production de sa célèbre eau-de-vie de Cognac qui est un des produits phares de l’agriculture française.

Cognac est une ville située sur les rives de la Charente à une dizaine de kilomètres à l’Ouest de Jarnac et à une quarantaine d’Angoulême, Saintes est à un peu plus de vingt kilomètres vers l’Ouest.

La ville s’est principalement développée sur la rive gauche du fleuve. Le centre ancien est implanté autour du château et autour du Prieuré Saint Léger.

Ensuite sur la rive droite se sont formés le faubourg Saint Jacques qui est ainsi nommé car au Moyen-Age c’était un point de passage des pèlerins qui se rendaient à Saint Jacques de Compostelle.

Au XIXème siècle le développement des activités autour des eaux-de-vie ont profité aux faubourgs Saint-Jacques et Saint-Martin, siège d’un ancienne paroisse.

Aujourd’hui deuxième agglomération de la Charente après Angoulême, Cognac est également au cœur de la deuxième aire urbaine de ce département où son rayonnement urbain déborde dans la Charente-Maritime voisine et regroupe 48 131 habitants en 2008. Depuis 2012, la ville de Cognac est labellisée « Ville d’art et d’histoire » par le ministère de la Culture et de la Communication

L’histoire de Cognac

Le site est habité par l’homme depuis l’époque Paléolithique, le dolmen de Séchebec est situé dans la ville. Des restes villas témoignent également d’activités à l’époque Gallo-Romaine. Au Haut Moyen-Age une chapelle dédiée à Saint Martin de Tours est édifiée, un petit bourg se forme autour d’elle.

Une seigneurie apparait au milieu du Xème siècle avec l’édification d’une forteresse en bois, les premiers seigneurs s’appellent Itier et Arnaud de Villebois, ils sont apparentés aux comtes d’Angoulême. Des bourgs se forment autour du château puis autour du Prieuré Saint Léger.

La cité devient un centre commercial grace à son port fluvial qui permet d’acheminer le sel de l’Atlantique vers l’intérieur des terres. Au XIIème siècle s’y ajoute le commerce du vin.

A la fin du XIIème siècle la seigneurie passe par mariage au fils naturel de Richard Coeur de Lion puis à Jean sans Terre. Elle est ensuite intégrée au comté d’Angoulême qui passe à la famille de Lusignan. Ceux-ci font reconstruire le château-fort et une enceinte qui protège la ville.

La dynastie des Valois

Pendant la Guerre de Cent Ans Cognac est ballotée entre les Français et les Anglais, elle est définitivement reconquise par l’armée du roi de France Charles VII en 1448. La ville fait alors partie des domaines des Valois-Angoulême, une branche de la famille royale (cf tableau ci-contre).

Le roi François Ier est né à Cognac en 1494, plus tard il accorde à la ville des privilèges qui favorisent son développement.

Dans la seconde partie du XVIème siècle la majorité des habitants deviennent Protestants, la ville est prise dans les conflits des Guerres de Religion. En 1570, par la Paix de Saint-Germain elle fait partie des quatre places de sureté accordées aux Protestants avec La Rochelle, La Charité sur Loire et Montauban.

En 1651, lors de la Fronde, Cognac reste fidèle au roi Louis XIV alors qu’elle est assiégée par le Prince de Condé, elle est récompensée par l’attribution de privilèges.

L’eau-de-vie de Cognac

Les premières eaux-de-vie apparaissent au XVIIème siècle. En plus des acteurs locaux, des anglais s’établissent à Cognac dès le début du XVIIIème pour y développer cette activité: Martell, Rémy-Martin, Hennessy, etc.

En 1870, le vignoble autour de Cognac est victime du phylloxéra, en effet retour ceci favorise l’intégration de la production des eaux-de-vie. Des activités connexes (verrerie, …) se développent dans la ville.

L’eau-de-vie de Cognac est devenue au XXème siècle un produit renommé de l’agriculture française, la majeure partie de sa production est exportée à l’international. Ceci a permis à la ville et à ses environs de rester prospères.

Le centre-ville ancien de Cognac

Le vieux Cognac s’étend des Tours Saint Jacques et du château jusqu’à l’église Saint Léger, il est circonscrit par le parcours de l’ancienne enceinte médiévale (cf plan ci-dessous).

Le Vieux Cognac

C’est dans ce périmètre que se trouvent les rues étroites (parfois encore pavées) bordées de maisons anciennes (certaines à colombages), dont plusieurs remontent au XVème siècle. On y trouve aussi les Hôtels particuliers des XVIIème et XVIIIème siècles.

La rue Grande était la rue principale de Cognac au Moyen-Age, elle conserve des maisons à pans de bois, la plus spectaculaire est la Maison de la Lieutenance (cf photo ci-contre). Elle est caractéristique: les échoppes étaient au rez-de-chaussée, le premier étage (en encorbellement) servait d’habitation, au-dessus le local était souvent loué à des gens plus modestes.

Comme Hôtels particuliers on peut citer l’Hôtel de Rabayne, rue de la Magdeleine , l’Hôtel du Plessis dans la rue éponyme, ceux de la rue du Charmant et de la rue Henri Germain et de la rue Saulnier sur la rive de la Charente.

Un autre édifice à signaler est l’ancien Couvent des Récollets dont quelques éléments subsistent et servent de lieux d’exposition.

Le Château de Cognac

Sur le site se trouvait une ancienne forteresse dont il ne subsiste que deux salles au rez-de-chaussée. Une reconstruction est réalisée au début du XIIIème siècle, il en reste une tour et des arcatures dans la salle du Casque.

Au milieu du XVème siècle, les Valois-Angoulême engagent une nouvelle phase de reconstruction avec en particulier le Logis du Gouverneur. Le roi François Ier poursuit ces aménagements résidentiels avec une ouverture donnant sur la rivière.

Au moment de la Révolution Française, le château a été vendu comme Bien National, par lots. Il a ensuite été racheté par un producteur d’eau-de-vie de Cognac.

L’enceinte urbaine de Cognac

Un rempart protégeait la ville médiévale, il était percé par trois portes d’accès: la Porte Angoumoisine (située sur l’actuelle Place François Ier), la Porte Saint Martin et la Porte Saint Jacques qui seule subsiste. D’autres tours renforcaient cette enceinte, ainsi la Tour de Lusignan dont il reste une gravure du début du XIXème siècle.

Les remparts de la ville commencent a être démolis au début du XVIIIème siècle, les derniers ont disparu au milieu du XIXème.

La porte Saint Jacques (cf photo ci-dessus à droite) est une reconstruction de la fin du XVème siècle. Elle comporte créneaux et machicoulis et débouchait sur un pont qui a été déplacé au milieu du XIXème siècle.

L’Eglise Saint Léger

A l’origine cette église faisait partie d’un Prieuré fondé par le seigneur de Cognac en 1016 puis donné à l’Abbaye Saint-Léger d’Ébreuil, ville qui est située dans le Bourbonnais. La construction de ce prieuré commence au début du XIème siècle.

Le prieuré dans son ensemble est endommagé pendant la Guerre de Cent Ans puis surtout pendant les Guerres de Religion. Il a été vendu par morceaux au moment de la Révolution Française. Une partie du cloitre subsiste ainsi que des bâtiments conventuels dont une partie accueille maintenant la Bibliothèque Municipale, d’autres éléments ont été transformés en habitations.

L’église elle-même a été construite à partir de 1130 sur l’emplacement d’un édifice antérieur. Il en subsiste les murs gouttereaux de la nef et le clocher.

Elle a été significativement reprise aux siècles suivants, d’où sa configuration avec des parties qui sont en style Roman et d’autres qui sont en style Gothique.

Aux XIIIème et XIVème siècles le transept et le choeur sont reconstruits, des voûtes d’ogives remplacent les coupoles qui recouvraient l’église Romane. Au siècle suivant des chapelles latérales sont créées et une rosace à remplage de style flamboyant (cf photo ci-dessous à gauche) est implantée sur la façade.

Au début du XVIIème siècle l’église est transformée en Temple Protestant pendant une vingtaine d’années, puis l’ensemble du prieuré est repris par l’Ordre des Bénédictines.

L’édifice a reçu une importante restauration au milieu du XIXème siècle et une autre à la fin du XXème siècle.


La Place François 1er

Cette place doit son nom a la statue du roi de France François Ier positionnée en son centre, en effet il est né dans cette ville. A l’origine cette place était située en avant des remparts et plus précisément de la Porte Angoumoisine. Dans la première moitié du XIXème siècle elle a accueilli le marché aux cochons. Elle a été renommée Place François Ier dans les années 1860 quand la statue de ce roi y a été installée.